Traces de pas sur la Lune
Bonjour et bienvenue dans le journal de la semaine pour un tour d’horizon de l’actualité scientifique. Au sommaire de ce numéro de l’or venu du ciel, une mousse très endurante, les sites des missions Apollo observés depuis l’espace, et enfin, une souris rendue transparente… L’or venu du ciel L’or et le platine sont considérés comme des métaux rares. Mais pour les géologues, leur présence à la surface de la Terre est 10 à 1000 fois trop importante. Il y a 4,5 milliards d’années, en effet, au cours d’un épisode durant lequel la Terre était en fusion, le fer a migré vers le centre de la Terre entraînant avec lui l’or et le platine, qui sont des métaux attirés par le fer. Si d’énormes quantités d’or ou de platine sommeillent aujourd’hui à 3000 km sous nos pieds, comment expliquer leur présence à la surface ? Une étude publiée dans la revue Nature conforte l’idée selon laquelle ces métaux précieux pourraient avoir été apportés lors d’un bombardement de météorites survenu il y a 4 milliards d’années, alors que la Terre n’était plus en fusion. L’analyse de différentes roches montre en effet un changement de composition du manteau terrestre avant et après ce bombardement. Cet évènement connu sous le nom de « Grand bombardement tardif », est responsable de la plupart des cratères aujourd’hui visibles sur la Lune. Une mousse qui dure Quel point commun entre un savon, une bière et un matelas ? C’est la mousse, bien sûr, une structure physico-chimique dont les applications sont si nombreuses qu’on peut comprendre l’intérêt des industriels à son égard. Sans doute jetteront-ils un œil avisé aux travaux réalisés par des chercheurs français du CNRS, du CEA et de l’INRA qui viennent de produire une mousse savonneuse étonnamment stable : celle-ci est en effet capable de se maintenir durant plusieurs mois, jusqu’à des températures avoisinant les 60°C. Mieux, elle peut être détruite en un instant, simplement en augmentant sa température. Pour arriver à ce résultat, les chercheurs sont partis de molécules issues de l’huile de ricin, et lui ont ajouté un sel. Entre 20° et 60°C, ce sel confère à ces molécules une structure tubulaire particulièrement rigide. Au-delà, cette structure se modifie et la mousse s’effondre. Pour autant, cette action est réversible et en abaissant la t°, la mousse peut être reconstituée. L’élaboration d'une mousse aussi stable avec une molécule tensioactive aussi simple et d'origine naturelle est une première. Mais à quoi pourrait-elle servir ? On pourrait envisager par exemple des détergents ou des shampoings dont on pourrait contrôler la quantité de mousse par simple effet de la température et ainsi en faciliter le rinçage. Mais nul doute que les industriels sauront lui trouver d’autres applications. Les traces des missions Apollo vues par LRO Parmi les arguments avancés par certains pour prouver que l’homme n’est jamais allé sur la Lune, figure le fait que le télescope spatial Hubble n’a jamais photographié les traces des missions Apollo. C’est oublier que, malgré ses performances, Hubble n’est pas suffisamment puissant pour atteindre un tel niveau de détail. En revanche, la sonde américaine LRO, en orbite autour de la Lune depuis 2009, en est parfaitement capable. Il y a 2 ans déjà, la sonde révélait les premières images des sites d’alunissage. Mais grâce à un nouveau survol réalisé à 21 km d’altitude dans des conditions d’éclairages optimum, la sonde a pu cette fois photographier les sites des missions Apollo 12, 14 et 17 avec une qualité encore jamais atteinte. Nous découvrons par exemple ici le site de la mission Apollo 17 : au milieu des traces de pas parfaitement visibles, figure le module de descente Challenger. On devine à proximité le drapeau américain ; les instruments scientifiques ; et même la jeep lunaire. Après 39 ans, les traces des astronautes sont donc toujours visibles ce qui s’explique très facilement : en l’absence d’atmosphère et donc de vent, il n’y a pas d’érosion sur la Lune. Une souris transparente On peut imaginer qu’il peut être frustrant, pour un chercheur, de vouloir étudier le fœtus de la souris, mais de ne pas y parvenir en raison de sa taille et de son opacité. Au Japon, les chercheurs de la société Riken ont trouvé à ce problème une solution pour le moins originale puisqu’ils ont mis au point un réactif permettant de rendre le fœtus transparent, facilitant du même coup son observation. La méthode consiste à tremper le fœtus durant 1 à 2 semaines dans un cocktail constitué d’urée, de triton-x (un détergent de synthèse) et de glycérol. Grâce à des méthodes de fluorescence, il est alors possible de visualiser des structures très fines comme des réseaux neuronaux, bien mieux qu’avec toute autre technique. On l’aura compris, pour l’instant, la méthode fonctionne uniquement sur des organismes morts. Mais les chercheurs ne désespèrent pas de pouvoir l’appliquer un jour à des tissus vivants. Voilà, ce numéro est terminé, rendez-vous vendredi prochain dans cette même émission pour un nouveau tour de l’actualité scientifique ou bien sur Science-actualités.fr, le site de la rédaction. A la semaine prochaine.
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