Méduses et galaxies
Bonjour et bienvenue dans le journal de la semaine pour un tour d’horizon de l’actualité scientifique. Au sommaire de ce numéro, le pourquoi de la prolifération des méduses, une collision de galaxie, des gouttes à cran et un volcanisme extrême. Un océan de gélatine Depuis une vingtaine d’années, les méduses sont de plus en plus fréquentes en Méditerranée, en Baltique ou encore en mer noire. Dans la mer du Japon, elles sont carrément devenues le cauchemar, non pas des touristes, mais des pêcheurs. Là-bas en effet, depuis 8 ans, des milliards de méduses géantes pullulent chaque année, dévorant tout sur leur passage, y compris les œufs et les alevins ce qui empêche la régénération des stocks de poissons. Normalement, on explique ce phénomène par une variation de température ou de salinité des eaux, bref par le changement climatique. Mais c’est oublier un peu vite l’impact de la surpêche. Car en étudiant l’efficacité de chasse des méduses, des chercheurs espagnols ont montré que ces poches de gélatine étaient en fait des prédateurs très compétitifs. Bien sûr, elles ne se lancent pas à la poursuite de leur proie mais elles sont larges et capables de filtrer de grande quantité d’eau comme on le voit sur ces images. Et ce n’est pas tout car au gré de leur battement corporel, elles génèrent aussi des perturbations, des petits courants autour de leurs tentacules ce qui accroit encore les chances de capturer des proies. Résultat, d’après les chercheurs, ce mode de chasse primitif, peu gourmand en énergie, est tout aussi efficace que celui plus évolué des poissons. Ceci explique que les méduses envahissent rapidement les eaux lorsque leurs concurrents ou leurs prédateurs sont victimes d’une surpêche. Spirale et collision On pensait que notre galaxie, la voie Lactée, se trouvait dans une partie plutôt calme de l’Univers et qu’elle n’avait fait que couler des jours paisibles au cours de ces derniers milliards d’années. Eh bien non ! D’après une étude parue dans Nature, il y a environ 2 milliards d’années, la voie lactée aurait percuté la galaxie naine du Sagittaire. De cette collision, seraient nés les bras et la forme en spirale de notre galaxie comme on le voit sur cette simulation où le point jaune figure la position du système solaire. Plus tard, la même galaxie serait de nouveau entrée en collision avec la voie lactée, perdant une partie de ses étoiles en route et formant des arcs stellaires. Des arcs qui pourraient ressembler à la traine laissée par la galaxie naine du grand chien, que l’on appelle l’anneau de la licorne, et que l’on voit ici en rose. Située aujourd’hui de l’autre côté de la voie lactée, la galaxie naine du sagittaire devrait à nouveau percuter notre galaxie d’ici 10 millions d’années. Goutte à cran Lorsqu’une goutte de liquide tombe sur une surface beaucoup plus chaude qu’elle, elle ne s’étale pas mais rebondit. Si on la pose maintenant délicatement sur cette même surface, elle se met à rouler comme une bille. Et pour cause, au contact de la plaque brûlante, une partie du liquide s’évapore créant un film de vapeur sur lequel le reste du liquide glisse. On appelle ce phénomène la caléfaction. Or, en 2006, des Hollandais ont montré que si l’on posait des gouttes sur une surface horizontale, chaude et striée comme s’il s’agissait du toit d’une usine, eh bien là, elles se mettaient à avancer toutes seules, propulsées par leur propre vapeur. Dans le même genre, une étude française vient de montrer qu’une surface recouverte de créneaux peut cette fois ralentir ce type de gouttes comme on le voit ici sur ces images. La présence de créneau multiplie par 100 les forces de friction. Un résultat de recherche fondamentale qui, à terme, pourrait trouver des applications dans le domaine industriel. Des gouttes incontrôlables se forment en effet souvent lors des procédés de fabrication, ce qui n’est pas sans poser problèmes. Dangereux volcanisme Les trapps du Deccan, de Sibérie ou d’Ethiopie se sont formées lors de gigantesques épanchements de laves basaltiques, des événements extrêmes que personne n’a vu à l’œuvre. Et c’est tant mieux. Car, sur l’échelle des temps géologiques, ces épisodes volcaniques sont souvent accompagnés, ou plutôt précédés, d’une extinction de masse. Ainsi, la formation des trapps du Deccan, en Inde, coïncide avec l’extinction des dinosaures. Et celle des trapps de Sibérie avec la plus grande extinction de tous les temps. Il y a 250 millions d’année, à la fin du Permien, 95% des espèces marines et 70% des espèces continentales ont ainsi disparu. Pour tenter d’identifier un éventuel lien entre ces deux événements, une équipe internationale a étudié la nature et le mode de formation des roches des trapps de Sibérie. Les résultats montrent qu’en remontant, les basaltes se seraient mélangés à la croûte océanique. Ceci aurait engendré la formation d’une quantité colossale de dioxyde de carbone et de chlorure d’hydrogène. Ces gaz auraient été émis juste avant l’éruption, causant une perturbation atmosphérique suffisamment importante pour enclencher ces phases d’extinction. Voilà, ce numéro est terminé. Rendez-vous vendredi prochain dans cette même émission ou bien sur le site de la rédaction, science actualités.fr. A la semaine prochaine.
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