À la demande de Rodolphe
"Qui
sait
résoudre les problèmes est toujours moins efficace que
celui qui sait
les
éviter".
cette citation de Genaro
Valdez Cons devrait constamment inspirer les responsables politiques.
Apprendre
des expériences passées
Actuellement, l'évaluation de l'action publique est effectuée globalement lors des élections en fin de législature et ponctuellement lors des votations soumises épisodiquement au corps électoral. À cela s'ajoute certes les avis d'un Contrôle des finances (parfois d'une Cour des comptes), surtout attaché à traquer les usages inadaptés voire délictueux des moyens mis à la disposition de l'État et de son administration.
Actuellement, l'évaluation de l'action publique est effectuée globalement lors des élections en fin de législature et ponctuellement lors des votations soumises épisodiquement au corps électoral. À cela s'ajoute certes les avis d'un Contrôle des finances (parfois d'une Cour des comptes), surtout attaché à traquer les usages inadaptés voire délictueux des moyens mis à la disposition de l'État et de son administration.
Dans
l'ensemble, l'action publique est correcte et donc reçue
plutôt avec indifférence. Il y a cependant des
administrés, confrontés à des décisions
de l'appareil d'État, qui n'en sont pas satisfaits. Et souvent
aucune voie de recours ne leur est offerte pour répondre à
un mécontentement quelquefois pourtant justifié.
Les
difficultés des relations entre l'État et le citoyen
peuvent prendre plusieurs formes : ici ce sont des textes législatifs
ou des directives internes qui se révèlent à
l'usage dépassées, là c'est le dysfonctionnement
d'un service et parfois même l'incompétence ou des
difficultés relationnelles d'un agent de la fonction publique.
Une opinion publique, évidemment plutôt négative,
se forme ainsi sur l'addition de ces mauvaises expériences
individuelles.
Il
est dès lors utile d'avoir connaissance de ces expériences
passées. Et si elles ont été malheureuses, il
est indispensable d'éviter dans le futur la répétition
de ce qui n'a apparemment pas bien fonctionné. Une fois
avérés, enregistrés et pesés, ces cas
devrait entraîner, le plus rapidement possible, les mesures
correctives adéquates.
Sortir
la tête du guidon
"Gouverner, c'est prévoir" (citation d'Émile de Girardin). Or l'avenir, moins que jamais, ne sera une simple répétition du passé. Imaginer l'avenir pour s'y préparer et avoir prise sur lui au lieu de devoir le subir est donc une responsabilité première des gouvernants.
"Gouverner, c'est prévoir" (citation d'Émile de Girardin). Or l'avenir, moins que jamais, ne sera une simple répétition du passé. Imaginer l'avenir pour s'y préparer et avoir prise sur lui au lieu de devoir le subir est donc une responsabilité première des gouvernants.
Mais
avec un temps "bouffé" par les sollicitations du
présent et par des urgences, les membres d'un exécutif
peinent à trouver un moment pour une réflexion
prospective. D'ailleurs, s'ils en trouvaient l'opportunité,
auraient-ils toutes les compétences nécessaires pour
s'adonner à cet exercice ? Habitués sinon condamnés
à vivre constamment dans le présent et à devoir
trouver des solutions immédiates, pourraient-ils s'abstraire
de cette habitude de pensée ? De plus, par leur fonction, les
gouvernants sont prioritairement et institutionnellement amenés
à appliquer les décisions du législatif ;
très rarement à imaginer des changements de paradigmes.
La
démarche prospective requiert de ceux qui s'y engagent des
qualités particulières, notamment créativité,
lucidité, réalisme, liberté de pensée,
indépendance d'esprit, absence de préjugés,
détachement partisan. Un ensemble de qualités qu'on ne
va vraisemblablement pas rencontrer dans une seule tête. Ce qui
nous fait dire que la démarche doit obligatoirement reposer
sur un groupe de personnes rassemblant ces compétences.
Penser
à l'amont autant qu'à l'aval de l'action
Nous voyons en conclusion au moins deux façons, dans les affaires publiques, de tenter au maximum d'éviter les problèmes. Il s'agit d'une part de tirer les leçons des éventuelles erreurs ou des dysfonctionnements du passé et d'autre part de se donner les moyens d'anticiper l'avenir.
Nous voyons en conclusion au moins deux façons, dans les affaires publiques, de tenter au maximum d'éviter les problèmes. Il s'agit d'une part de tirer les leçons des éventuelles erreurs ou des dysfonctionnements du passé et d'autre part de se donner les moyens d'anticiper l'avenir.
Montesquieu
avait identifié, au XVIIIe siècle, les trois pouvoirs
qui permettent à un État de fonctionner
démocratiquement : le législatif, l'exécutif et
le judiciaire. Certains ont voulu y ajouter un quatrième
pouvoir, le pouvoir médiatique. Or celui-ci fonctionne plutôt,
dans le meilleur des cas, comme contre-pouvoir et comme aiguillon.
Pour
tirer les leçons du passé, nous suggérons (à
nouveau) la création d'une instance de médiation
évidemment indépendante de l'exécutif.
L'amélioration continue, souhaitée par tous, des
prestations publiques passerait par l'enregistrement systématique
des doléances des administrés, mécontents d'une
décision les concernant. Une telle prestation devrait se
fonder sur une évaluation critique et quantitative des
plaintes, pour déboucher sur une synthèse et des
recommandations qui permettraient aux décideurs politiques de
mettre rapidement en œuvre les correctifs jugés
nécessaires. Ce système serait de nature à
renforcer la nécessaire confiance que les citoyens doivent
avoir dans le fonctionnement de leur État.
Pour
se préparer à affronter l'avenir, une instance tout
aussi officielle de réflexion prospective offrirait aux
responsables politiques une visibilité des événements
et situations futurs qui auront une influence sur la conduite de
l'État. Cette fonction, qui devrait être reconnue comme
stratégique, serait d'ailleurs un investissement
rentable et non une dépense de fonctionnement.
Il
est ainsi demandé aux élus l'humilité de
reconnaître puis de corriger les erreurs passées et
l'intelligence d'imaginer l'avenir pour le maîtriser au mieux.
jean-claude.crevoisier(arobase)courant-d-idees.com

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