Jeu vidéo et sida
Bonjour et bienvenue dans le Journal de la Semaine. Au sommaire de ce numéro, des joueurs en ligne qui résolvent une énigme vieille de plus de dix ans, un animal à la voix de stentor, le premier séquençage du génome aborigène, et une recette facile pour fabriquer une hélice. Un larynx tonitruant Commençons par une devinette : quel est l’animal qui dort 19h par jour mais qui, à la saison des amours, connaît un réveil tonitruant. Une petite bête de moins d’un mètre qui mugit pourtant plus fort qu’un bison. C’est elle que vous entendez. Et bien, il s’agit d’un koala de la réserve de Lone Pine en Australie. Ce koala, comme tous ces congénères mâles, dispose d’un appareil vocal exceptionnel qui lui permet de se faire entendre sur l’ensemble de son territoire qui peut couvrir plusieurs hectares. Benjamin Charlton, chercheur à l’université de Vienne en Autriche, s’est rendu sur place pour en savoir plus. Et voici les images qu’il nous a envoyées. En procédant à des examens, Benjamin Charlton a ainsi montré que le koala dispose d’un larynx exceptionnellement long et bas. Et que ce larynx est rattaché au sternum par des muscles ancrés très profondément dans son thorax. D’où cette voix et ce coffre de baryton hors du commun ! Le génome aborigène Restons sur le continent australien avec le voyage il y a un siècle, d’un excentrique anthropologue anglais qui parcourait le monde pour réunir une collection d’objets assez hétéroclites. Parmi elle, une mèche de cheveu d’un Aborigène, qui durant des décennies a dormi au fond des caisses d’un muséum. Cette mèche fait aujourd’hui l’objet d’une attention extrême car elle vient d’être utilisée pour séquencer le premier génome aborigène. Un génome qui confirme que les Aborigènes sont bien le premier peuple à avoir conquis l’Australie. Et même plus, selon les auteurs de l’étude publiée dans la revue Science, les ancêtres des Aborigènes seraient même les premiers hommes à avoir quitté l’Afrique, il y a environ 70 000 ans, pour un voyage qui les a amené quelques 20 000 ans plus tard sur le continent australien. A peu près au moment où la migration humaine qui allait conquérir l’Europe et l’Asie se mettait en marche. Hélice, mode d’emploi Prenez un coquillage, une molécule d’ADN, une corne de gazelle, un ruban de papier cadeau ou une gousse de haricot. A priori, ces objets n’ont aucun point en commun. Et pourtant, si l’on prend un peu de recul, tous partagent une forme très répandue dans la Nature : une hélice. Comprendre et modéliser les forces physiques qui donnent naturellement naissance à cette hélice est la mission à laquelle s’est attelée une équipe de l’université de Jérusalem. En prenant pour objet d’étude la gousse d’un arbre, les chercheurs ont montré que chaque coté de la gousse était constitué de deux tissus végétaux dont les fibres étaient perpendiculaires. Ils ont alors reproduit l’expérience en collant deux feuilles de latex, étirées dans deux sens différents, ou encore deux bandes de tissus enduites de gel. Le ruban ainsi formé s’est enroulé chaque fois en une hélice parfaite. Cette recette de fabrication simplissime qui ne met en œuvre aucune machinerie complexe pourrait trouver des débouchés dans le domaine des nanotechnologies, où la conception de matériaux en forme d’hélice était jusque là une mission quasi impossible. Jeu vidéo et sida Depuis près de 10 ans, les chercheurs engagés dans la lutte contre le sida se sont cassés la tête sur une protéine qui joue un rôle essentiel dans la propagation du virus. Ou plutôt sur la structure en 3 dimensions de cette protéine. Un enjeu important car il est indispensable de connaître la forme d’une protéine pour mettre au point une substance capable de la bloquer. En 2008, une équipe d’informaticiens et de biochimistes de l’université de Washington, a eu l’idée originale de concevoir un jeu vidéo en ligne appelé Fold It, entièrement consacré à l’assemblage 3D des protéines. En se disant que des joueurs, doués pour assembler des casse-tête ou manipuler un Rubik’s Cube, pouvaient aider à trouver des solutions. Une idée gagnante car en moins de 3 semaines, l’énigme posée par la protéine impliquée dans la propagation du virus du sida a été élucidée par les internautes. Cette découverte, publiée dans la revue Nature, ouvre la voie à la mise au point de nouveaux médicaments antirétroviraux. Ce numéro est terminé. Rendez-vous vendredi prochain dans cette même émission pour une nouvelle revue de l’actualité scientifique, ou bien sur science actualités.fr, le site de la rédaction. A la semaine prochaine.
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